Un marché du travail en demi-teinte pour 2024

Que va-t-il se passer cette année en terme d’emploi ? Pas sûr que la transformation de Pôle emploi en France Travail ne se traduise par autre chose qu’une nouvelle vague d’évictions pures et simples des demandeurs d’emploi des statistiques sans pour autant qu’ils retrouvent une activité rémunérée. Un phénomène en vogue depuis plusieurs années et qui sert désormais de socle argumentaire a une politique dite du « Plein emploi » : ce mantra aliénant qui ne trompe guère que les sourds, les aveugles et mon chat. Restons cependant positif et voyons de plus près les tendances qui se dessinent au terme de ce premier trimestre. Même si la tendance n’est guère au beau fixe, certains secteurs tirent leurs épingles du jeu.

Croissance en panne, chômage en hausse : l’Insee noircit ses prévisions pour 2024

« L’Insee a dégradé sa prévision de croissance au premier trimestre à 0% contre 0,2% en février dernier. L’activité pourrait repartir au second trimestre (+0,3% ; +0,1 point par rapport à février). Mais de nombreux aléas planent au dessus de l’économie française. L’objectif de croissance de 1% du gouvernement s’éloigne. Plombée par une demande atone , l’économie française peine à créer des emplois. Résultat, le chômage devrait continuer de grimper. », rapporte sans surprise Grégoire Normand dans La Tribune.

Les nuages s’amoncellent au dessus de l’économie française. Après la Banque de France en début de semaine, c’est au tour de l’Insee d’assombrir ses prévisions macroéconomiques pour 2024. Dans sa note de conjoncture dévoilée ce jeudi 14 mars, l’institut de statistiques table sur une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 0% au premier trimestre et 0,3% au second trimestre. Début février, les conjoncturistes tablaient encore sur une hausse de 0,2% aux deux premiers trimestres de l’année. « La reprise se fait attendre », a déclaré Dorian Roucher, chef du département de la conjoncture lors d’un point presse.

Pourquoi cette révision au premier trimestre ? « L’évolution de la production industrielle explique cette révision avec la fermeture des raffineries et des problèmes d’approvisionnements dans l’industrie automobile notamment », explique à La Tribune le statisticien. A cela s’ajoutent « des mises en chantier plus faibles que prévues ». Dégradant sa prévision de croissance à 1% en 2024, le gouvernement pourrait à nouveau revoir sa copie.

Le conjoncturiste estime « qu’il faudrait avoir 0,7% de croissance au troisième trimestre et au quatrième trimestre pour arriver au 1% de croissance ». Autant dire que le pari du gouvernement se complique sérieusement. Depuis trois trimestres, la croissance du PIB oscille entre 0% et 0,1%. Et l’horizon européen est encore bien embrumé. « En zone euro, l’activité continuerait de patiner au premier trimestre avant de repartir au second trimestre. Le moteur allemand est en panne », a résumé Clément Bortoli, chef de la division synthèse conjoncturelle. Avec un acquis de croissance particulièrement faible pour 2024 et une croissance morose en zone euro, la reprise pourrait être poussive tout au long de l’année.

L’investissement dans le rouge

L’inflation et la politique monétaire restrictive continuent de peser sur la demande. Dans le détail, l’investissement global (formation brute de capital fixe, FCBF) est négatif (-0,2%) au premier trimestre et stable au second trimestre. Après un dernier trimestre (-0,9%) dans le rouge, l’investissement tricolore demeure atone.

Du côté des ménages, le recul sur le premier trimestre est brutal (-1%). Chez les entreprises, la baisse est nettement moins marquée (-0,1% au T1 et 0% au T2). Ce sont surtout les administrations qui tirent les dépenses d’investissement vers le haut (+0,7% au T1 et 0,6% au T2). « L’investissement reste déprimée par les conditions d’emprunt », a rappelé Dorian Roucher. Un assouplissement de la politique monétaire de la BCE à l’été pourrait redonner de l’air aux investissements. Une perspective attendue par les ménages et les entreprises frappées de plein fouet par ce tour de vis monétaire.

Léger rebond de la consommation

Sur le front de la consommation, les indicateurs montrent une légère embellie. Après une fin d’année 2023 morose, les dépenses des ménages repartiraient à la hausse au cours du premier semestre (+0,3% au T1 et 0,4% au T2).  « Grâce à la désinflation, le pouvoir d’achat retrouverait des couleurs. Ce gain devrait se retrouver dans la consommation », explique le chef du service de conjoncture.

L’Insee prévoit notamment une hausse de la consommation des produits alimentaires et dans l’hébergement restauration. Toutefois, le moral des ménages n’est pas au beau fixe. « Le taux d’épargne devrait rester entre deux et trois points au dessus de la période de crise sanitaire et l’indice de confiance reste en deca de sa moyenne de long terme », a complété Dorian Roucher.

L’industrie et la construction en repli

Par secteur, l’industrie continue de souffrir. Au premier trimestre, l’activité pourrait reculer (-0,4%) avant un probable rebond au second trimestre. Toutes les branches de l’industrie manufacturière sont en repli, à l’exception de l’agroalimentaire. Au bord du marasme, l’industrie de raffinage et de cokéfaction enregistre un violent plongeon entre janvier et mars (-12%). Compte tenu du poids de l’industrie dans le PIB (13,9%), les répercussions sur l’économie française sont relativement limitées. Mais ces mauvais signaux soulignent surtout que la réindustrialisation espérée est encore balbutiante.

L’autre secteur au bord du marasme est la construction. Frappées de plein fouet par le durcissement des conditions financières, les entreprises du bâtiment enregistrent un lourd repli de leur activité sur les deux premiers trimestres (-0,6% et -0,4%) après une année 2023 dans la tourmente. En revanche, les services marchands accélèrent légèrement tout au long du premier semestre. Hormis le commerce, toutes les autres branches affichent une croissance positive au cours du premier trimestre.

La désinflation se confirme

L’envolée des prix au sens de l’indice des prix à la consommation « s’estompe », selon l’Insee. L’inflation devrait s’établir à 2,9% en février contre 6,3% un an plus tôt. « Et ce reflux se poursuivrait à +2,6 % en juin ». Après avoir propulsé l’indice des prix au plus haut, l’alimentaire et l’énergie contribuent nettement moins à l’inflation. « La composition de l’inflation a beaucoup changé. L’inflation est désormais portée par les prix des services », explique Dorian Roucher.

Dans ce secteur, « les entreprises répercutent les hausses de leurs coûts salariaux à leurs clients ». Mais, « il n’y a pas de boucle prix-salaires ». A l’exception du salaire minimum, la désindexation des salaires sur l’indice des prix à la consommation depuis les années 80 a limité ce risque en France. La contrepartie est que « les salariés ont perdu 2,5% de pouvoir d’achat entre 2022 et 2023 ».

Hausse du chômage en vue

Concernant le chômage, l’Insee projette une hausse de 7,6% de la population active en juin prochain contre 7,2% un an plus tôt. Le coup de frein de l’activité en 2023 a confirmé le retournement du marché du travail hexagonal. Après plusieurs années consécutives de baisses, le chômage pourrait encore grimper au delà du premier semestre. La fin des aides Covid et les moindres subventions à l’apprentissage ont entraîné un coup de frein des embauches. Au premier semestre, l’Insee prévoit seulement 40.000 créations d’emplois.  « Pendant deux ans, le climat de l’emploi était supérieur au climat des affaires. Cela s’est traduit par un long épisode de croissance riche en emplois. Cette déconnexion est désormais terminée », a déclaré Dorian Roucher.

Au plus bas depuis quelques années, les gains de productivité pourraient ainsi retrouver des couleurs. Mais l’Insee ne s’attend pas à des miracles.« Les gains de productivité sont entre 0,1% et 0,2%, ce n’est pas beaucoup. Ces gains de productivité sont encore inférieurs à la période 2010 », poursuit l’économiste. Sous l’effet de la réforme des retraites entrée en vigueur en septembre dernier, la population active devrait continuer de croître en 2024 à un rythme deux fois supérieur à celui de l’emploi. Une mauvaise nouvelle pour la promesse de Macron de parvenir au plein emploi à la fin du quinquennat.

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Emploi cadre : un début d’année 2024 en demi-teinte

« Le fléchissement des intentions d’embauche de cadres observé depuis la fin de 2023 se confirme au 1er trimestre 2024. Les difficultés de recrutement anticipées continuent à baisser, mais restent à haut niveau. De leur côté, les cadres abordent 2024 avec des intentions de mobilité plus modérées. », constatent de leur côté les statisticiens de l’Apec.

Les intentions de recrutement de cadres à trois mois sont moins élevées qu’elles ne l’étaient à l’aube de 2023 (10 % pour le 1er trimestre 2024 vs 14% pour le 1er trimestre 2023, soit -4 pts). Elles sont alignées à celles du dernier trimestre 2023, les plus basses de 2023. Les perspectives d’embauche sont inférieures à leur niveau d’il y a un an pour les TPE (5 % ; – 2 pts), pour les PME (18 % ; -4 pts) et surtout pour les grandes structures (54 % – 10 pts). En outre, les entreprises sont moins nombreuses à envisager de publier des offres d’emploi (8 % ; -4 pts).

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Lire le baromètre Apec du 1er trimestre 2024

Quels vont être les métiers cadres porteurs en 2024 ?

« Si la dynamique de l’emploi cadre s’est nettement ralentie en 2023 (-12 % en comparaison à 2022), le développement de certaines activités continue par se traduire par des niveaux élevés de recrutements. Certains métiers sont ainsi plus porteurs que d’autres, mais lesquels ? », interroge Ingrid Lemelle sur le site Toulemploi.

Etes-vous un poids lourd, une Formule 1 ou… les deux ? L’Association pour l’emploi des cadres (Apec) vient de passer au crible 444 métiers, et son étude nationale Les métiers cadres porteurs en 2024 distingue ceux dont le volume d’offres diffusées en 2023 a été supérieur ou égal à 5000 (les « Poids lourds ») ; ceux dont le nombre d’offres a été supérieur ou égal à 1000 et dont l’évolution annuelle 2023 versus 2022 a fait partie des plus élevées (les « Formule 1 ») ; et enfin les métiers à la fois « Poids lourds » et « Formule 1 », autrement dit présentant à la fois un volume et une croissance des offres importants. Deux fonctions présentent ces caractéristiques. Il s’agit du responsable comptable et de l’ingénieur process.

Les dix-sept métiers figurant dans la catégorie Poids Lourd représentent 30% du total des offres recueillies par l’Apec. « Un top 17 quasiment similaire de celui de l’édition 2023 », note l’étude. Parmi eux, des profils particulièrement prisés en Occitanie, puisque l’on y retrouve les développeurs, les chefs de projet informatique, les ingénieurs études et développement et les ingénieurs système. Mais aussi, les ingénieurs R&D et dessinateurs projeteurs. Et enfin, les chargés d’affaires, les commerciaux et les technico-commerciaux. Autrement dit les trois principales « familles » traditionnellement recherchées dans notre région.

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Voir l’étude Les métiers cadres porteurs en 2024 de l’Apec

 

Les métiers à impact qui recrutent en 2024

« Une croissance à 40 %, qui dit mieux ? La création de postes “à impact” a fortement augmenté entre 2022 et 2023. Qu’attendre de 2024 ? Catherine Brennan, directrice des opérations chez Birdeo, nous dévoile le Top 5 des métiers impactants qui recrutent cette année. », propose Eva Ben-Saadi dans l’émission Smart Job diffusée sur la chaîne B Smart et en l’occurence sur Dailymotion.